Nous vivons un puissant bouleversement que nul n’avait envisagé, au sortir de la guerre froide, avec la disparition de l’URSS. L’idée étatsunienne d’un monde monopolaire n’a pas survécu à la force des faits. L’esprit des nations s’affirme partout. Certaines se réunissent dans un système souple et égalitaire pour contester ce qui reste de la puissance étatsunienne. Les BRICS, créent leur monnaie et s’organisent en dehors du dollar afin de se libérer de la servitude d’une dette exponentielle. Elle est créée à partir de rien ; cependant nous en payons des intérêts sous forme d’une aggravation fiscale. L’Union européenne tente le totalitarisme pour survivre. Mais elle n’est déjà plus solidaire. La guerre en Ukraine aura sans doute été le révélateur des intérêts divergents de chacun des pays membres. Les États-Unis cherchent désespérément à sauver leur rôle ; alors qu’ils ne disposent plus des moyens pour porter leur reste d’ambition. Avec un dollar terriblement con-testé et une armée affaiblie, ils ne peuvent plus mener les guerres d’affirmation de puissance. Elles étaient naguère utiles autant à la satisfaction de leur hubris qu’à cet État profond dirigé par les banquiers et les grands groupes financiarisés. Cet État profond cherche à se réfugier en Europe pour se protéger des actions hostiles que Trump mène contre lui.
En conséquence, il ne fait qu’accélérer l’éloignement des États-Unis d’une UE moribonde. La guerre contre l’Iran aura prouvé ce découplage en mettant en exergue des intérêts différents et la solitude des États-Unis. Dans ce chaos mondial, l’Occident se décompose et accepte, sans l’avouer, cette évolution westphalienne qui restitue leur rôle protecteur aux nations. La France, dans cet environnement, peut saisir sa chance de redevenir maîtresse de son destin et ainsi mettre en valeur ses formidables richesses et atouts pour son bien et celui de l’humanité.